vendredi 2 mai 2008

Protocole Sunderland

Présenté à la Conférence de Durham 2000 Paper

Ce document peut être librement consulté et imprimé. Les droits d'auteurs de ce document sont la seule propriété de Paul Shattock et Paul Whitely de l'Autism Research Unit de l'Université de Sunderland, GB. Ce document ne peut être vendu.

Le Protocole Sunderland :
Séquence logique d'interventions biomédicales pour le traitement de l'autisme et des troubles associés.


Paul Shattock & Paul Whiteley
Autism Research Unit, School of Sciences,University of Sunderland, Sunderland. SR2 7EE.

Nous avons, à un certain nombre d'occasions, présenté et discuté les bases théoriques qui sous-tendent de nombreuses interventions appliquées dans le traitement de l'autisme (Shattock 1990, 1991). Celles-ci sont largement basées sur les travaux précurseurs de Dohan (1996), Panksepp (1979) et Reichelt (1981) suivis de prêt par Cade (1990). L'efficacité de certaines de ces interventions est prouvée mais pour d'autres les indices sont encore anecdotiques et non validés scientifiquement (et, dans certains cas, il n'est probablement pas possible d'effectuer une telle validation). Dans la plupart des cas l'intervention a été introduite par hasard ou de manière aléatoire lorsqu'un parent (ou tuteur) a découvert une thérapie particulière par ouï-dire, via un article de journal ou de magazine ou via une discussion sur internet. Parfois des parents ont cessé des interventions qu'ils considéraient inefficaces ou on continué qu'ils obtiennent ou non des résultats.

Dans d'autres cas, des professionnels ont suggérés la prise de très nombreux compléments et de plus en plus sont ajoutés au fur et à mesure. Les parents et les tuteurs ne sont pas compétents en la matière ou ne comprennent pas le coté technique de la nomenclature chimique. Le pire des cas était une fille qui prenait 70 compléments alimentaires différents. En fait, ce n'était pas exactement vrai puisque ses comprimés multi-vitamines contenaient de la B6 et elle prenait aussi de la B6 séparément et des cachets de Pyridoxine (qui sont de la B6).

Il est tout à fait compréhensible qu'un parent souhaite tout essayer pour aider son enfant, mais il est aussi souhaitable de connaître les éléments qui aident un enfant particulier et ce qui ne l'aide pas. Il est possible, bien sur, qu'un ou plusieurs des suppléments nuisent à l'état de santé de l'enfant. Il n'est pas possible de généraliser en la matière car tous les enfants souffrant d'autisme sont différents les uns des autres et également de leurs pairs ne présentant pas de symptômes. Afin d'éviter de surmédicaliser nous suggérons le protocole ci-dessous qui devrait permettre d'évaluer chaque intervention pour chaque enfant. Chaque élément devrait être traité avec le même respect que n'importe quelle intervention biomédicale via un médicament spécifiquement prescrit ou faisant partie d'une thérapie en cours. Ces interventions, en règle générale, n'utilisent pas de médicament, cependant nous recommandons quelles soient traitées avec le même respect et utilisées de manière expérimentale un laps de temps délimité, avec toutes les précautions nécessaires prises.

Si elles sont efficaces elles peuvent être utiles, si elles ne le sont pas elles devraient, pour le moment en tout cas, être abandonnées. Une thérapie inefficace peut toujours être revue plus tard, ou peut être, lorsque des problèmes de développement différents surviendront et lorsque le statut métabolique ou physiologique aura changé soit en raison d'une autre intervention soit de l'âge. Nous recherchons un avantage thérapeutique et si les effets négatifs sont trop significatifs, continuer peut difficilement être justifié. Il est difficile de justifier une thérapie très intensive ou restrictive si des bénéfices substantiels ne sont pas mis en évidence. Dans tous les cas, ces interventions doivent être effectuées dans le contexte d'un plan de traitement global incluant l'aspect éducatif et social. Ce type d'intervention ne peut se substituer à une éducation appropriée mais ont plutôt pour but de rendre le sujet plus réceptif au processus éducatif.

Figure 1:

Se protocole Sunderland Protocol (Shattock & Whiteley, 2000)
"CESSER LE FEU" - Retirer la source de l'agression

1. CASEINE (3 semaines)
2. GLUTEN (3 mois)


ACCORD PRELIMINAIRE

3. AUTRES ALIMENTS (journal de bord des aliments)
(Maïs; Soja; Tomates; Aubergines; Boeuf. etc)
4. TESTS
(Vitamines; Minéraux; Acides aminés; Allergies - IgG, IgE)
SUPPLEMENTS APPROPRIES (Zn, Ca, Mg, Mb, Vit. A, C, B1, B3, B6, B12)

5. ORGANISMES PATHOGENES
(Candidas; Autres)


RECONSTRUCTION ACTIVE

6. PROBLEMES DE SULPHATION
(Sulfate de Magnesium - Interne/Externe; MSM)
7. ACTIVITE ENZYMATIQUE
(HCl de
8. ACIDES GRAS
(Huile de primerose; huiles de poissons; huile de foie de morue (Vitamine A); Huile de lin)
9. L-GLUTAMINE
(Corriger les déficits; Nutriments intestinaux)
10. SUPPLEMENTS D'ENZYMES
(Bromelain; SerenAid; EnZymAid)


DIVERS

11. 5-HYDROXY TRYPTOPHAN
12. REGIME SANS COLORANT
13. REGIME SANS SALYCILES
14. MEGADOSE B6 & Mg
15. DIMETHYLGLYCINE (DMG)
16. SECRETINE


Nous suggérons d'introduire une intervention à la fois et d'évaluer l'avantage thérapeutique pour chaque individu. Ensuite il faut considérer la continuation ou l'arrêt. Comme la Gaule ancienne, notre protocole est divisé en trois. Utilisant une métaphore militaire : nous menons une bataille et nous devrions rechercher la paix. Il y a trois étapes pour établir une paix viable et permanente.

A. Cesser le feu;

B. Cerner les problèmes et rechercher une cause commune;

C. Reconstruire.

Nous envisageons la résolution de ces problèmes précisément de la même manière.

L'étape A, "Cesser le feu" : L'expérience ainsi que la théorie de l'excès opioïdes de l'autisme suggère que la première étape du traitement de l'autisme doit être le retrait de la source de ces peptides. Nous ne suggérons pas que cela explique tout mais qu'il s'agit d'une première étape appropriée. Puisque la source de l'agression inclue presque toujours la caséine et le gluten, ceux-ci doivent être retirés de l'alimentation. Il est possible que les parents, les tuteurs ou les professionnels ou les sujets eux-mêmes aient fait effectuer une analyse pour détecter ces substances. Le test le plus connu est celui des peptides urinaires mais il existe d'autres méthodes.

Bien que ces tests fournissent des informations très utiles lorsqu'ils sont utilisés conjointement à des données cliniques, cela vaut la peine dans tous les cas de considérer l'exclusion de ces protéines de l'alimentation. Nous avons rencontré des sujets autistes chez lesquels les tests n'indiquaient pas de niveaux anormaux de peptides urinaires (ou Indolyl Acryloyl Glycine, IAG), en fait leurs profils peptidiques paraissaient en tout point normaux, pourtant le sujet était clairement autiste. Nous avons rencontré des sujets tels que ceux-ci qui réagissent positivement au retrait de la caséine et du gluten de l'alimentation. Il est possible que ces sujets digèrent les peptides de manière anormale mais que ces composants ne soient pas détectés par nos systèmes. Il est possible que bien que les niveaux urinaires soient normaux, les quantités traversant la barrière hémato-encéphalée et atteignant le système nerveux central soient élevées. Nous avons aussi rencontré certains cas, heureusement très peu fréquents, ou le problème semble être du à une hypoxie ou anoxie à la naissance ou lors des premiers jours. Dans ces cas, des dommages ont peu être causé au cervelet très fragile en cours de développement. Ces parties fonctionnent mais peuvent en conséquence être affectées même par un niveau normal de peptides dérivés de la nourriture via le sang.

Quels que soient les mécanismes impliqués ou les résultats des tests biomédicaux, nous suggérons que l'on considère en premier lieu le retrait de tous les laitages.

1. Suppression de la caséine


Les effets de la suppression des produits laitiers peuvent souvent être constatés rapidement. En fonction de l'âge du sujet, cela peut aller de 2-3 jours (pour les plus jeunes) ou 10-14 jours chez les adultes bien qu'habituellement ce soit plus rapide. Nous suggérons en général une période d'essai de 3 semaines dans un premier temps. Lucarelli (1995) a trouvé que 66% des sujets testés bénéficiaient de ce type d'intervention, bien que nous n'ayons pas de données fermes pour confirmer cette opinion, notre expérience suggère que cela correspond plus ou moins à la réalité. Bien entendu, il peut y avoir une période où des effets secondaires sont visibles mais à la fin de la troisième semaine la situation devrait être claire.

Tout effet de manque dure relativement peu de temps mais peut être assez sévère, particulièrement chez les jeunes enfants. Pour cette autre raison nous préférons séparer le retrait des deux éléments, gluten et caséine, pendant ce protocole. Nous avons trouvé que l'élévation de béta-casomorphine (1-7) disparaît rapidement du profile urinaire après le retrait des produits laitiers de la nourriture (quelques jours). Nous supposons qu'il s'agit de la raison des effets dramatiques du retrait constatés.

Nous avons aussi observé que beaucoup d'enfants ayant un meilleur niveau de fonctionnement retiraient d'eux-mêmes les produits laitiers de leur alimentation de toute manière. Puisque les pointes d'élévation disparaissent aussi rapidement, il est hautement probable que les sujets ont la possibilité de détecter la différence produite par l'abstinence de produits laitiers. De nombreux Asperger, par exemple, se plaignent de confusions ou de difficultés de concentration lorsqu'ils boivent du lait. Ils évitent le lait mais rationalisent cela en disant qu'ils "détestent le lait" ou le trouvent "gluant". D'un autre coté certains enfants utilisent clairement le lait comme une drogue et en boivent ce qui est généralement considéré comme de grandes quantités. Un enfant de trois ans, par exemple, qui boit 2 litres et demi de lait par jour n'est pas atypique pour ce groupe. Les cultures d'Europe de l'Ouest sont empruntes de l'idée que le lait est merveilleux et indispensable dans l'alimentation. Les diététiciens, infirmiers et les praticiens médicaux orthodoxes ne sont pas facilement convaincus du fait que le lait n'est pas prévu pour les êtres humains et que sa consommation dans de nombreux cas est indésirable et inapproprié. On a remarqué une augmentation des cas d'autistes chez les migrants en Suède (Gillberg 1996) comparé à la population indigène. Il y a plusieurs explications théoriques mais l'une d'entre elle implique la consommation d'aliments pour lesquels les sujets ne sont pas génétiquement équipés en terme d'enzymes ou de capacités métaboliques d'assimilation. L'absence de l'enzyme lactase chez les sujets d'origine africaine et la disparition d'enzymes qui digèrent la caséine chez les sujets d'origine chinoise vers l'âge de 12 ans sont des exemples bien documentés de ce phénomène.

Nous avons étés très impressionnés par le nombre de parents, surtout les mères, qui ont pris l'initiative, souvent contre l'avis de professionnels, de retirer les produits laitiers de l'alimentation de leur enfant. Clairement, ces parents ont ressentis intuitivement que la réaction de leur enfant aux produits laitiers était anormale. Des vomissements de lait (de vache), de l'eczéma, particulièrement derrière les genoux et dans le creux du bras, de drôles de bosses blanches sous la peau; tôt dans leur enfance, des écoulements d'oreilles ou des infections nécessitants parfois la mise en place de tubes; une constipation et/ou diarrhée dès la très jeune enfance et des problèmes respiratoires ressemblant à de l'asthme peuvent tous être les signes d'un problème de digestion de la caséine.

Après trois mois de suppression de la caséine il est utile de faire le point sur la situation. Clairement, dans les cas ou les améliorations sont apparentes, cette intervention doit être continuée. Lorsque l'on ne voit pas d'amélioration, il est difficile de justifier la continuation de la suppression, mais la plupart des parents considèrent que les difficultés inhérentes à ce type d'intervention ne sont pas si gênantes qu'ils ne puissent continuer. Cela doit être un choix personnel. Puisque le retrait des produits laitiers est relativement simple, cela aide aussi les parents à se préparer à la rigueur nécessaire pour la suppression du gluten. Bien sur, de nombreuses personnes préfère retirer les deux de l'alimentation en même temps et c'est très bien, mais nous recommandons quand même vivement de séparer les deux éléments pour des enfants de moins de 4 ans en raison de la sévérité potentielle de l'effet de manque. Cependant, nous suggérons quand même que l'on teste le rôle du lait rapidement après la mise en place du régime.

2. Le retrait du gluten


Comme cela est précédemment indiqué, le retrait du gluten nécessite celui des protéines (prolamines) d'un certain nombre de céréales, en particulier le blé, l'orge, le seigle et l'avoine. Etant donné la composition de l'alimentation occidentale et sa dépendance sur les céréales, ce n'est pas chose facile, mais la plupart le font sans trop de difficulté. Les pointes dans les profiles urinaires que nous (correctement ou incorrectement) attribuons au gluten persistent pendant beaucoup plus longtemps que les casomorphines. Dans notre test (Whiteley 1999) il y avait seulement 26% de réduction des niveaux urinaires après une période de 5 mois. On peut l'expliquer par la capacité de stockage du peptide dans les tissus de l'organisme et peut être, par un respect seulement partiel du régime dans certains cas. Le corps est incapable de les décomposer et les mécanismes de rejet dans l'urine sont (comme nous le supposons) surchargés par la quantité de peptides. Dans d'autres cas, le corps a peu d'autres options que de les stocker, probablement dans les tissus adipeux. Lorsque les sources alimentaires sont supprimées, ces stocks diminuent aussi rapidement que possible, mais au fur et à mesure que l'enfant/la personne grandit, la quantité stockée sera, en termes absolus, plus importante et le délai nécessaire pour leur élimination sera plus grand.

Il est très rare, pour cette raison, que le parent ou la personne affectée est repéré le rôle du gluten comme on repère celui du lait. Il y a toujours un certain degré d'envi de produits à base de gluten, et nous ne connaissons aucune personne autiste qui ait refusé des produits à base de gluten de la même manière qu'ils évitent le lait et les laitages. Il est étrange que nous soyons aussi attaché à ce qui est essentiellement la graine d'un type obscure d'herbe. Il est possible que la production de substances opioïdes soit un des éléments de son acceptation comme nourriture de base dans autant de pays du monde.

Bien que cela puisse arriver, le retrait du gluten ne produit en général pas d'effet dramatique. A part chez de très jeunes enfants, pour lesquels les résultats sont visibles plus rapidement, il ne faut en général pas s'attendre à des changements avant 3 ou 4 semaines, par conséquent nous suggérons que le retrait se fasse pour une période de trois mois. Ensuite, il est approprié de faire le point sur les progrès. Nous connaissons un nombre de cas ou des améliorations dramatiques ont eu lieu 7 à 9 mois après le début du régime, et pour un cas (Reichelt, communication personnelle) ces améliorations ont eu lieu deux ans après le début d'un régime strict. Comme préalablement indiqué, la disparition des peptides de gluten est plus progressive que celle des casomorphines. Par conséquents les effets de manque ont tendance à être moins prononcés dans leur sévérité, mais plus prolongés, particulièrement chez les adultes.

The Norwegian studies have been going on for the longest period of time (Knivsberg 1995) and they have always proposed removal of gluten as well as casein. Interestingly, they observed a phenomenon we have also noted in subjects who have used this approac h where the casein and gluten are removed simultaneously. There is an initial rapid withdrawal period and improvement. This tends to be followed by a period where not much happens at all and parents often begin to wonder if their initial improvement obser vations were a result of self-delusion. After a further period of time, other improvements appear, sometimes after a second set of withdrawal symptoms. we believe that this biphasic pattern is due to the sequential effects of casein and then gluten remova l from the diet.

Les études norvégiennes sont les plus anciennes (Knivsberg 1995) et elles ont toujours suggéré le retrait du gluten comme de la caséine. Il est intéressant de noter l'observation d'un phénomène que nous avons aussi remarqué chez les sujets ayant fait le choix de retirer le gluten et la caséine simultanément. Il y a une période de désintoxication rapide et d'amélioration. Cela tend à être suivi par une période où pas grand chose ne se produit et les parents se demandent si leur observation d'amélioration immédiate n'était pas une illusion. Après un laps de temps plus important, d'autres améliorations se font sentir, peut de temps après une deuxième période de symptômes de manque. Nous pensons que ce processus en double phase est du aux effets séquentiels du retrait de la caséine puis du retrait du gluten de l'alimentation.

Stade B "Cerner les problèmes"

Nous pensons que ces peptides sont les agents (source de l'agression) qui sont directement responsables de la cause des symptômes mais il peut y avoir d'autres agents qui ont un impact sérieux sur l'ensemble. Dans certains cas, le gluten et la caséine semblent être les seuls éléments, mais dans d'autres cas il y a clairement d'autres facteurs impliqués. L'implication relative de ces peptides (de gluten et caséine) est très large et peut cacher d'autres facteurs. Seulement après que la principale source de l'agression, le gluten et la caséine, ait été retirée de l'alimentation la fumée se dissipera suffisamment pour nous permettre de détecter d'autres éléments causatifs qui sont largement d'origine alimentaire.

Il est souhaitable de tenir un journal des aliments dans tous les cas avant, pendant (et après?) toute intervention mais ceci est doublement important après que le gluten et la caséine est été retiré, puisque c'est seulement à ce moment que nous pouvons déterminer le rôle des autres facteurs alimentaires. Il est intéressant de noter que l'APNA (Association de Padres de Ninos Autistas) fourni depuis plusieurs années à ses membres un tel journal, dans lequel ils peuvent enregistrer l'alimentation quotidienne de même que le comportement et les performances de l'enfant. De nombreux parents utilisent ces journaux et ont notés que la consommation d'un aliment particulier est souvent lié à une dégradation du comportement, du sommeil ou des performances. Sans tenir un journal précis, ces aliments n'auraient sans doute pas été identifiés. La réaction à certains aliments a tendance à être personnelle mais certains aliments causent souvent des problèmes identifiables à des groupes de personnes. Les oeufs, les tomates, les avocats, les aubergines, les poivrons rouges, le soja, le maïs sont des agents fréquents alors que le boeuf, le porc, le riz et la pomme de terre ne sont impliqués que rarement. Si un aliment particulier paraît suspect, il devrait être retiré de l'alimentation pendant une période d'essai d'environ 2 semaines et les effets devraient être notés. Nous sommes d'accord pour penser que cette méthode est très empirique mais c'est tout ce que nous pouvons faire à l'heure actuelle. On peut, cependant, souvent relever des indices en observant le sujet.

Les particularités alimentaires des enfants autistes sont bien connues et souvent ils limitent les aliments qu'ils acceptent de manger à quelques uns seulement. Il s'agit surtout de larges quantités de nourritures qui peuvent justement leur être néfaste, tel que nous l'avons décrit ci-dessus, mais certaines de ces nourritures sont complètement évitées. Si un enfant a un problème avec un aliment, il ou elle soit l'évitera activement ou au contraire l'utilisera plus ou moins comme une drogue. La situation est le miroir de ce que l'on rencontre chez les adultes ayant un historique d'abus d'alcool. Soit ils continuent à en abuser soit ils l'évite comme la peste. Lorsque les principaux coupables sont supprimés de l'alimentation (le gluten et la caséine) le parent ou tuteur doit faire attention à la possibilité de transfert sur d'autres aliments potentiellement dangereux. A plusieurs occasions, nous avons connu des enfants qui détestent le lait et pourtant en demandent soudainement lorsque le gluten est retiré de leur alimentation.

Seroussi (2000) a décrit comment elle a découvert les effets négatifs du maïs pour son fils, après une période très stricte de retrait du gluten et de la caséine de l'alimentation. Généralement, lorsque les nourritures néfastes sont retirées, l'alimentation de l'enfant s'élargie et il accepte des aliments qu'il refusait au préalable. Si l'alimentation reste restreinte, cela peut être un indice (mais pas une certitude) que l'aliment néfaste fait toujours parti de l'alimentation. Le même résultat est observé si un enfant consomme à nouveau par accident un aliment néfaste. Cela peut être, par exemple, le contenu d'une marque particulière de haricots préparés dont la composition est changée sans prévenir le consommateur, par ajout de gluten. Le comportement de l'enfant peut changer mais c'est aussi la tendance à réduire son alimentation qui peut réapparaître. Nous insistons à nouveau sur le fait que la suppression des éléments de base de l'alimentation vont probablement avoir pour conséquence une réduction de l'apport en vitamines et minéraux et autres nutriments essentiels. Une bonne complémentation, équilibrée, devrait être mise en place. Il faut mieux le faire avec l'aide d'un professionnel formé qui connaît ce type d'approche. En cas d'insuffisance d'apport de ces nutriments essentiels, les processus métaboliques de digestion et d'absorption ne pourront en aucun cas avoir lieu correctement.

3. Tests


A ce stade il peut être approprié de faire effectuer d'autres tests. Il ne fait aucun doute que nombre de nos enfants ont des niveaux anormaux de minéraux, vitamines, et autres éléments. Cependant, les résultats réels sont souvent obscurcis par l'écran de fumée que constitue la consommation de gluten et de caséine. C'est seulement maintenant, après le retrait de ces sources de protéines alimentaires agressives que des tests significatifs peuvent être effectués. A certaines occasions, les parents nous ont envoyés les résultats des tests sur les statuts en minéraux et vitamines (dans les cheveux ou le sang) avant et après le retrait du gluten et de la caséine. Les résultats avant étaient très en dehors de la norme en effet, et les résultats suivant l'exclusion des protéines néfastes indiquaient un retour à la norme. Nous avons interprété cela comme une indication que les fonctions intestinales étaient partiellement restaurées par le retrait de ces éléments; que les vitamines et minéraux provenant de l'alimentation étaient maintenant absorbées comme elles le devraient mais il peut, bien sur, y avoir d'autres mécanismes impliqués.

Nous suggérons toujours que toute personne débutant un régime s'assure d'un apport adéquat en minéraux et vitamines et pour cette raison nous préconisons d'impliquer un diététicien qualifié ou une personne ayant une formation équivalente. Nous suggérons de prendre un complément alimentaire multi-vitamines et multi-minéraux équilibré afin d'assurer des niveaux adéquats. Si ces tests sont faits avant le régime, des écarts sévères par rapport à la norme peuvent être évidents et une action de remédiation sous la forme d'un programme très déséquilibré pourraient être initiée de manière inappropriée. Il faut probablement mieux attendre ce stade.

On retrouve certaines règles communes. Certains enfants ont des taux de calcium et magnésium très bas et le remède est évident. D'autres ont des taux très haut de substances toxiques, comme l'aluminium. L'ajout d'une complémentation en zinc peut corriger cette situation. La supplémentation en zinc, dans tous les cas, est probablement souhaitable qu'il est nécessaire à tant de réactions métaboliques normales. Il n'existe pas d'étude scientifique rigoureuse démontrant son efficacité à améliorer les symptômes autistiques mais il y a de nombreux témoignages anecdotiques qui confirment son efficacité. Waring (2000) a indiqué que l'ajout de doses infimes de molybdène a des effets dramatiques sur la correction des anomalies sur le niveau des sulfates et des sulfites.

Nous avons aussi observé que les allergies classiques "disparaissent" fréquemment lorsque le gluten et la caséine sont retirés de l'alimentation. En même temps, certaines allergies réelles et sous-jacentes sont révélées. Nous pensons, pour cette raison, que le moment le plus approprié pour effectuer des tests est après le retrait des principales nourritures offensives. Si des allergies sont suspectées, il est utile d'envisager certaines interventions. Nous avons rencontré de nombreux individus ayant effectué des tests, utilisant un test VEGA (par la peaux) avant le début de toute intervention. Ces tests montrent en général 30 ou 40 allergies mais après le retrait du gluten et de la caséine, ces chiffres baissent de manière dramatique. Dans certains cas, les enfants sont privés d'aliments indiqués comme allergènes par des tests fait avant intervention et qui n'ont pas de valeur clinique.

Les laboratoires basés dans les hôpitaux testent en général les niveaux d'anticorps sanguins (IgE en particulier) pour indiquer des "allergies" envers divers aliments. En Grande-Bretagne, les résultats de ces tests ne sont pas toujours communiqués aux parents. Traditionnellement ils utilisent une notation de 0 à 4 (4 étant le niveau maximum). Les niveaux 0 et 1 sont assez courants et sont généralement ignorés alors que des niveaux plus élevés doivent être pris au sérieux. Il faut comprendre que ces niveaux ne sont rien d'autre qu'une photographie à un moment donné et qu'il peut être approprié de considérer le retrait de l'aliment afin de faire un essai à un moment futur.

Nous pensons que la signification de ces allergies réelles a été largement sous estimée par le passé et que la recherche devrait être dirigée vers ce secteur. Eviter ces allergènes est une thérapie évidente, mais il peut y avoir d'autres alternatives. L'EPD (Enzyme Potentiated Desentitisation, Désensibilisation par les enzymes) est une technique utilisée par un nombre limité de praticiens qui pensent qu'elle est efficace. Cela n'a pas été l'objet d'évaluations rigoureuses et les praticiens américains ont été censurés pour son utilisation. Nous pensons qu'il y a des bénéfices considérables, et, dans tous les cas, les commentaires des praticiens ont été modestes.

Nous aimerions insister sur le fait que bien que nous ne pensons pas que l'allergie classique à la caséine ou au gluten soit largement impliquée dans la plupart des cas d'autisme, il est important de contrôler cette éventualité avant le retrait de ces aliments. Ces tests n'ont bien sur aucune valeur une fois que les aliments ont été retirés de la nourriture pour une certaine période. Il est toujours dommage que les médecins demandent aux parents, même si c'est avec raison, de réintroduire le gluten et la caséine pour pouvoir effectuer ces tests. Bien que ces réintroductions résultent presque invariablement en une détérioration des performances et capacités du sujet, tout aussi invariablement les tests ont donnés des résultats négatifs. Pour cette raison, nous préconisons de faire tester les allergies au gluten et à la caséine (mais non les autres allergies) avant l'introduction d'un régime les excluant.

4. Parasites intestinaux


Depuis de nombreuses années, une association entre les troubles autistiques et les levures parasites a été remarquée et notée, et pourtant la nature de cette relation reste incertaine. Le fait que les deux conditions co-existent ne signifie pas nécessairement que l'une est la cause de l'autre. La cause et l'effet pourraient être inversées, mais il pourrait aussi exister un mécanisme sous-jacent, qui provoque les deux phénomènes. Nous avons fréquemment observé la disparition d'une infection parasitaire apparente lorsque le gluten et la caséine étaient retirés de l'alimentation. Ainsi les interventions préconisées plus bas, pour le traitement des candidoses ne sont pas nécessaires. Pour cette raison, nous préférons intervenir contre les parasites à ce stade plutôt que, comme le font certains thérapeutes, en début d'intervention. Pendant plusieurs années, nous pensions que les levures parasitaires, tels que les candidas, se multipliaient en raison de la faiblesse du système immunitaire, qui était lui même la conséquence de l'action des peptides opioïdes alimentaires. Cette colonisation par les levures pourraient bien être favorisée par une utilisation inappropriée des antibiotiques pendant la première enfance. Par exemple, il est connu que de nombreux enfants ayant des troubles autistiques ont de nombreuses otites. Il est probable que celles-ci soient au moins au début la conséquence de problèmes causés par le lait, pourtant elles sont traitées par antibiotiques. Ces antibiotiques puissantes sont utilisées de manières routinières et parfois avec grande régularité chez certains enfants. Bien entendu elles tuent les bactéries bien que le rôle de celles-ci dans le déclanchement des otites soit minime. Malheureusement elles tuent aussi les bactéries intestinales et cela permet le développement des levures et autres organismes ressemblant plus à des parasites. Ainsi, l'utilisation des antibiotiques encourage la croissance de parasites de ce type. Si les levures sont présentes, elles peuvent augmenter la perméabilité de la paroi intestinale, particulièrement lorsque les taux en sulfates sont faibles. Shaw a effectué une étude consacrée aux levures et a postulé un nombre de mécanismes via lesquels les produits issus des levures pourraient avoir une influence plus directe et nous devons référer le lecteur intéressé à son ouvrage (Shaw 1998) pour plus d'information. Récemment (Shaw 2000), il a suggéré que les levures peuvent être responsables de la production de substances qui peuvent former des complexes avec les enzymes (comme le Di-Peptyl Peptidase IV) qui devraient, dans des circonstances normales, digérer les peptides dérivés des aliments. Il y a certainement une certaine logique dans ces idées mais il n'y a pas pour l'instant de preuves formelles.

Les mécanismes ont ou n'ont pas d'influence, mais il est clair que certains parents pensent qu'ils constatent des bénéfices en traitant ces infections de levures. Malheureusement il n'y a pas de données publiées pour confirmer leurs observations mais nombres d'améliorations comportementales suite à l'utilisation de produit antifongiques comme le Nystatin suggèrent que ces observations devraient être prises au sérieux. Il a été suggéré que le Nystatin agit via un autre mécanisme, par exemple en réduisant la perméabilité intestinale. Ceci est en effet possible, mais là encore, il n'y a pas de données et cela n'expliquerait pas les bénéfices obtenus grâce à d'autres médicaments anti-fongiques comme le Diflucan.

Les levures se développent sur le sucre (sucrose et autres), aussi de nombreux parents ont essayés de contrôler les levures en limitant ou éliminant les sucres alimentaires complètement. De plus, certains parents ont été plus loin et ont supprimé les aliments contenant des levures. D'autres parents ont essayé de contrôler l'infection par les levures en supplémentant de fortes doses de bactéries bénéfiques que l'on trouve normalement dans l'intestin. Les produits contenant de l'acidophilus ou du bifidus sont utilisés dans ce but de même que des "anti-levures" naturels comme l'huile de pépin de raison ou l'ail (bien que ce dernier puisse avoir ses propres conséquences!).

Il existe un certain nombre de tests pour détecter les levures. Ceci peut demander l'examen des selles (pour trouver des évidences directes de l'infection); du sang (pour les anti-corps ou les anticorps-antigènes) ou de l'urine (pour les métabolites des levures absorbés via l'intestin). Chaque test a ses points forts et aucun n'est dépourvu de point faible. De nombreux parents pensent qu'il est plus simple d'assumer une infection et d'essayer un traitement sous forme de supplémentation. La Nystatin cependant est un médicament délivré sous ordonnance médicale et il est peu probable que des médecins la prescrive sans test préalable ou pour d'autres raisons valables.

5. Les autres parasites intestinaux


La vie des parasites intestinaux n'est pas toujours simple et leur survie dépend non seulement des aliments qu'ils obtiennent mais aussi de leur capacité à survivre contre les mécanismes de défense du corps. La production de substances qui réduira la capacité du système immunitaire améliorerait grandement les chances de survie de chaque organisme. Seul un parasite très "stupide" produirait des substances chimiques qui se retourneraient contre leur hôte puisque ses propres chances de survies dépendent de la survie de l'organisme hôte. Les peptides opioïdes sont parfaites pour cette tâche puisque qu'elle diminue la résistance du système immunitaire mais ne peuvent, dans des circonstances normales, être absorbées. Cependant, nous savons que les personnes souffrant de troubles autistiques ont une perméabilité intestinale exagérée et que les problèmes peuvent s'accumuler.

Il est connu que certains vers et organismes protozoaires produisent ces substances et nous suspectons, bien que cela ne soit pas prouvé, que les bactéries utilisent les mêmes mécanismes. Personne ne pense vraiment que "les vers sont la cause de l'autisme" mais ils pourraient exacerber la situation, particulièrement chez nos sujets qui pourraient être particulièrement sensibles à ce type d'infection en raison de leur système immunitaire déjà faible. Une théorie sur l'existence de substances contenant de un type inhabituel de dermorphine, à laquelle nous avons précédemment fait référence, suggère qu'ils sont dérivés de bactéries (peut être de bactéries anaérobies comme les Clostridia) qui cherchent à augmenter leurs chances de survies par ce moyen. Bien qu'il n'y ait pas d'évidence permettant de confirmer cette possibilité, il est possible que les virus ou même les candidas utilisent un mécanisme similaire. Dans tous les cas il semble important de normaliser la flore intestinale autant que possible en utilisant des régimes et médicaments appropriés.

[Voir article sur flore intestinale anormale et nouvelle recherche]

Régime sans gluten (encore)


La nature de la flore intestinale dépend beaucoup de l'alimentation. Un régime restrictif tel que celui sélectionné par de nombreuses personnes atteintes d'autisme peut favoriser certaines bactéries au détriment d'autres. Par exemple, une alimentation riche en blé peu favoriser le Clostridia alors qu'ils seraient presque absents si le riz était le seul hydrate de carbone présent dans l'alimentation. L'intérêt pour ces relations est récent et cela requiert clairement une investigation plus détaillée.

Stade C. La phase de reconstruction

Le but ultime de ces interventions doit être de rendre possible une alimentation aussi proche que ce peut de la normale. Si, par exemple, nous pouvons réduire les niveaux de peptides néfastes dans l'intestin ou décroître la perméabilité de la membrane intestinale et/ou de la barrière hémato-encéphalée, nous pouvons minimiser les risques de dommages. Ceci est le but des éléments de la "Phase de reconstruction".

6. Les sulfotransférases et les aliments phénoliques


L'intérêt sur ce sujet est venu suite à l'observation de parents. Les parents ont observé que certains aliments particuliers entraînaient des comportements anormaux chez leur enfant. Ces aliments, tels que le jus de pommes, les agrumes, le chocolat et le paracétamol sont précisément ceux dont l'on sait qu'ils causent des migraines chez les individus susceptibles. Les parents notent aussi la fréquence des migraines chez les membres de la famille des enfants autistes. Ces observations faites par des parents ont amenés ceux-ci, sans formation dans ces domaines, à consulter des livres de biochimies. Ils ont noté que certains enzymes tendent à fonctionner de manière sub-optimale pour les personnes souffrant de maux de têtes et se sont demandés si la même situation était pertinente pour l'autisme. Ils ont demandé à Rosemary Waring, un chercheur connu dans ce domaine, de tester un groupe d'enfants autistes. Les résultats ont été publiés il y a quelques années (1997) et ont été dupliqués et étendus seulement récemment de manière dramatique par Alberti (1999) et récemment par Waring elle même (2000a).

Il semblerait que les systèmes de sulfotransférase fonctionnent de manière sub-optimale chez les personnes autistes. Cela a certaines conséquences, y compris sur le métabolisme des neurotransmetteurs classiques; une assimilation et un métabolisme perturbé des pigments biliaires de la bilirubine et de la biliverdine ; une action réduire de l'hormone CCK qui résulterait en une sécrétion réduite de la bile et du tractus biliaire vers les intestins. Cela pourrait entraîner, à nouveau, une absorption réduite de certaines vitamines et autres nutriments dans les intestins, une activité réduite de la gastrine dans l'estomac, ayant pour conséquence une production réduite d'acides gastriques, de mucus et de pepsine dans l'estomac,et peut être une production réduite de sécrétine et l'absorption des vitamines plus en aval.

L'importance la plus grande est peut être pour la perméabilité intestinale. Les intestins sont recouverts d'une couche fine de mucoprotéines. Cette couche, tout comme elle contient des immunoglobulines importantes (particulièrement celles de la classe d'IgA) fourni une lubrification et une protection à la barrière intestinale lors du passage de la nourriture via le canal alimentaire. Ces mucoprotéines doivent être sulfatées afin qu'elles soient continues, protectrices et efficaces. Si elles ne sont pas sulfatées, les protéines se regroupent et laissent exposées de la matière intestinale et le transport des peptides vers les tissus est encouragé.

Le rôle de la sulfation pourrait très bien être un facteur pivot causant l'autisme, cependant il est encore faiblement compris et a reçu une maigre attention. Le rôle des sulfates dans le système immunitaire, dans l'efficacité des hormones et dans la maintenance de l'intégrité des fonctions intestinales, du fonctionnement des reins et des systèmes de détoxification mérite une bien meilleure attention que celle qu'il reçoit actuellement. Owens (1998) a attiré l'attention sur l'importance de la sulfation pour les organismes chimiques nommés GAGs (Glucosyl Acetyl Glucosamines) qui ont une importance énorme pour de nombreuses fonctions du développement cérébral. Des processus comprenant l'inflammation, telles que celles qui pourraient résulter d'une infection peuvent être acquis naturellement ou via un programme de vaccination, aura pour conséquence la suppression des GAGs contenant des sulfates de la barrière intestinale. Owens suggère que ces GAGs forment le principal réservoir de sulfates du corps. Ainsi, tout processus inflammatoire résultera en une déplétion inévitable des sulfates. Waring (2000b) a aussi présentée des données indiquant que la conversion des sulfites en sulfates est sévèrement inhibée après la vaccination d'étudiants adultes contre l'hépatite B.

Les ions de sulfate sont seulement faiblement absorbés via l'alimentation mais bien absorbés via la peau. Cela explique la rationalité de l'utilisation de sulfates de magnésium dans le bain des enfants autistes. Certains parents ont expérimentés des "patches" préparés à la maison et contenant des cristaux de sulfate de magnésium. L'intention est que de petites quantités de sels soient absorbés via la peau sur une base continue. Alternativement, le MSM (Methyl Sulphonyl Methane) peut être donné oralement afin d'essayer d'augmenter les taux de sulfates sanguins. L'efficacité n'a pas été cependant démontrée via des tests cliniques appropriés mais l'évidente anecdotique est impressionnante.

7. L'Hydrochloride de Betaine (Tri-Methyl Glycine)


Comme pour les enzymes mentionnés ci-dessus, le Tri-Methyl Glycine (TMG) est utilisé depuis de nombreuses années dans le traitement de l'hyperactivité, bien que le mode d'action ne soit pas très clair. Ce complément agira en produisant lentement de l'Acide Hydrochlorique, augmentant ainsi l'acidité de l'estomac. Il semble que les personnes atteintes d'autisme n'ont pas suffisamment d'acide dans l'estomac (achlorhydria) et par conséquent, les enzymes de l'estomac agissent insuffisamment pour digérer les protéines. Il est peut être aussi significatif que la sécrétine soit produite dans les intestins suite à l'acide de l'estomac. Ainsi, s'il y a insuffisance d'acide, le niveau de sécrétine produite pourrait être insuffisante.

[Voir article sur Famotidine (Pepcid AC) and autism]

Comme pour le DMG (Di-Methyl Glycine), il est possible que chaque action dépende de mécanismes complètement différents. Le rôle de la DMG et TMG dans le métabolisme de la cystéine est très connue. Alternativement, ces produits peuvent avoir un rôle direct dans la neurotransmission ou agir comme source de glycine qui est toujours demandé par le corps. Nous pensons que puisque ces produit ont peut, ou pas du tout, de contre-indications et sont utilisés depuis longtemps ils devraient être considérés à ce stade.

8. Les acides gras (graisses et huiles)

On croit souvent par erreur que les graisses agissent uniquement comme système de stockage de l'énergie ou comme matériel d'emballage. Le rôle très important des graisses dans le métabolisme et le développement du corps est connu depuis peu seulement. On connaît mieux le rôle du métabolisme des acides gras dans la maintenance de la perméabilité des membranes à travers le corps. Des données intéressantes ont été publiées (Kane 1999 et Cosford 2000) mais, actuellement, il n'y a pas de consensus global sur les éléments significatifs et ceux qui ne le sont pas. A ce stade, nous hésitons a émettre des certitudes sur les interventions appropriées et nous devons suggérer que ceux qui sont intéressés par le sujet obtienne un conseil auprès de quelqu'un d'autre jusqu'à ce que les positions soient plus claires. Bien que des preuves formelles manquent, il apparaît qu'il y a des anomalies dans le contenu en acide gras circulant dans le sang comme dans les formes liées et il n'y a pas d'accord pour savoir si les niveaux circulant reflètent sincèrement la situation des membranes. Etant donné l'instabilité des membranes et le fait que les analyses sont rarement effectuées immédiatement après le prélèvement, on doit encore émettre des doutes sur la fiabilité de tous les prélèvement sauf ceux fait avec le plus grand soin.

Beaucoup ont venté les mérites de l'huile de lin, de l'huile de foie de morue, de l'huile de feuille d'olive et de beaucoup d'autres mais pour une variété de raisons. L'évidence s'accumule indiquant que toute intervention doit utiliser une approche équilibrée d'Omega 3 et d'Omega 6 plutôt que de fortes doses d'une seule des deux formes. Un élément qui semble faire l'objet d'un accord universel est l'utilisation de l'huile de Primerose. Les bénéfices peuvent être la conséquence de son contenu en acide incorporés dans la structure des prostaglandines nécessaires au maintien de l'intégrité intestinale. (Même ici, il est suggéré de l'éviter en cas de risque d'épilepsie). La recherche de Kane est controversée et ses explications ne sont pas acceptées de tous mais il y a un accord général sur la séquence d'utilisation des graisses et huiles qu'elle propose.

L'huile de Primerose; Celle-ci consiste largement en Acide Gamma Linoléique, un acide Omega 6. Il y a d'autres sources, plus riches d'Acide Gamma Linoléique comme l'huile de Bourrage, mais on dit qu'elle est moins bien tolérée que l'huile de Primerose. Nous sommes incapables de faire un commentaire la dessus. Il est probablement sage de saturer avec cela avant d'essayer de rétablir l'équilibre en Omega 3 avec des huiles tel que les huiles de poisson. L'huile de poisson comme l'huile de foie de morue comporte l'avantage d'inclure la vitamine A, qui manque certainement chez les autistes (Megson 1999).

L'huile de lin, riche en Omega 3. L'objectif, d'après nous, de ces apports en acide gras est d'assurer que les membranes des cellules intestinales et de la barrière encéphalo-hématée soit perméable jusqu'à un degré approprié. Le niveau de cholestérol est important pour cela. Bien qu'il y ait actuellement un courant anti-cholestérol, je dois reconnaître que c'est un élément important de ces membranes et certains préconisent de s'assurer de niveaux adéquats d'acides gras qui seront convertis par le corps en cholestérol.

9. Les acides aminés

Un certain nombre de maladies peuvent être le résultat direct d'irrégularités dans les acides aminés. L'histidianémie, la phénylcétonurie; l'homocysténurie et autres peuvent être impliquées dans la cause des symptômes. Des tests pour contrôler que ce type de problème est absent devraient être effectués de manière routinière. Il existe une évidence anecdotique considérable indiquant que certains acides aminés sont bénéfiques aux personnes atteints d'autisme. Les évidences manquent mais la supplémentation devrait être considérée et dans tous les cas, leur utilisation n'aura sans doute aucun effet négatif. La L-Glutamine est très appréciée de nombreux parents bien que son mode précis d'action soit inconnu. Elle est utilisé couramment dans les médicament pour encourager la croissance des muqueuses et améliorer l'absorption intestinale. Il a été suggéré que les niveaux de glutamine dans le sang sont faibles chez les personnes souffrant d'autisme donc la supplémentation peut être bénéfique.

Le 5HTP (5-Hydroxy Tryptophane) est un métabolite de l'acide aminé tryptophane et est utilisé dans la formation de la sérotonine. Il est possible que les niveaux de sérotonine, là ou cela est nécessaire, sont bas et que la supplémentation en 5HTP aide. Beaucoup de personnes pensent que c'est le cas bien que, encore une fois, l'évidence de son efficacité dans l'autisme manque. (Les concepts théoriques sont décrits par Shattock (1999).)

10. Les suppléments d'enzymes

Si les peptides dans l'estomac ne sont pas digérés correctement, cela peut être le résultat d'un niveau insuffisant de l'enzyme peptidase. Depuis de nombreuses années, les parents d'enfants hyperactifs utilisent les enzymes (oralement) pour améliorer le problème. De nombreux produits sont commercialisés sur le marché. Certains des enzymes végétaux sont particulièrement efficaces et nous savons que beaucoup de parents pensent que l'enzyme de l'ananas, la bromelaine, donne des résultats bénéfiques. La bromelaine a un avantage particulier sur d'autres enzymes naturels car elle est connue pour casser les liens Tyrosine-glycine qui sont cruciaux à l'activité opioïde de la plupart de ces peptides biologiquement actifs. De nombreux produits contiennent l'enzyme "papain" qui est aussi un enzyme végétal. Cependant, il semble que certains soient allergiques à cette substance. Un produit spécialement fabriqué pour les personnes autistes est maintenant commercialisé (SerenAid). Il contient de la peptidase provenant d'une variété de sources et a été spécialement formulé pour fonctionner dans le milieux acide de l'estomac. Les peptides y seront digérés et ne seront plus disponibles pour être absorbés plus bas dans l'intestin.

Les fabricants ne prétendent pas que SerenAid soit utilisé seul, mais souhaitent qu'il soit ajouté à d'autres intervention diététiques. De nombreux parents l'utilisent régulièrement avec les repas. Aucun test formel n'a été publié mais il est possible qu'il en soit fait dans le futur.

Stade D - Autres interventions

Les interventions suivantes ont été placées plutôt vers la fin du protocole pour diverses raisons. La mise en place de régimes sans couleur ou sans salicylés, bien que théoriquement envisageables et possibles par expérimentation in vitro (Waring 1999) n'est pas facile a faire et les parents essayant ces régimes assez stricts trouvent difficile de justifier leur action a des médecins orthodoxes. De manière similaire, l'utilisation de la sécrétine, à ce stade, reste expérimentale plutôt que routinière. Comme les nouvelles versions plus pures deviennent disponibles et que des preuves de sa sécurité et de son efficacité apparaissent cette situation peut très bien changer. Même les méga-doses de vitamines B6 sont mal vues étant donné qu'il existe des risques théoriques associé à son utilisation. L'utilisation de la DMG n'a pas attiré de telles critiques mais puisque nous ne connaissons pas la raison de son efficacité nous n'avons pas la possibilité de lui allouer une place dans notre protocole.

11. 5-HTP (5-HydroxyTryptophane)


Le mécanisme que nous avons proposé implique un rôle pivot de l'Acide Indole Acrylique (I.Acr.A) qui est un métabolite inhabituel de l'acide aminé tryptophane et le précurseur immédiat de la Glycine Indole Acrylique (IAG) dont nous avons souligné la présence en quantités anormales dans l'urine des personnes autistes. Nous avons suggéré que les écarts de la norme en faveur de ce métabolisme peuvent être une conséquence de l'inhibition partielle de l'enzyme tryptophane hydroxylase. Il s'agit de l'enzyme responsable de la conversion du tryptophane en 5-HTP (5-hydroxytryptophane) qui est ensuite converti en 5 hydroxytryptamine (sérotonie ou 5-HT). Ainsi, une inhibition de l'enzyme tryptophane hydroxylase résulterait en une augmentation de l'I.Acr.A potentiellement dangereuse et une réduction du niveau de sérotonine disponible dans le corps. Le remède évident est de supplémenter en tryptophane mais cela pose aussi problème. Premièrement si l'activité enzymatique est diminuée comme nous le proposons, le tryptophane peut être converti en I.Acr.A qui n'est pas désirable. Deuxièmement, le tryptophane est seulement disponible sur ordonnance dans la plupart du monde.

L'interdiction de la vente libre de tryptophane est inhabituelle et controversée étant donné l'historique de ce produit mais, dans tous les cas, l'utilisation du 5-HTP parait plus appropriée. Encore une fois, les indications sur son efficacité sont anecdotiques mais son usage est à la fois logique et probablement sans effet secondaire.

12. Régime sans phénols (pigments)

Il semble que la sous-activité de la sulphotransférase dépende du faible taux de sulfate plasmatique plutôt que d'un déficit enzymatique réel. Ainsi, tout aliment nécessitant ou utilisant des ions de sulfate lors de son métabolisme fera empirer la situation. Ces aliments inclus le jus de pomme, les jus d'agrumes, le chocolat et le paracétamol. En fait, tout produit chimique contenant une forte proportion de groupes phénoliques aura cet effet et fera empirer le problème sus-mentionné. Beaucoup de colorants, naturels ou synthétiques, possèdent des groupes phénoliques. Pour cette raison, certains médecins recommandent le retrait de tout aliment coloré de l'alimentation. Bien sur, les interventions connues depuis longtemps (régime de Feingold) préconisaient largement le retrait des colorants synthétiques, particulièrement ceux commençant par la lettre E. Une partie de la publicité négative pour ces produits vient du fait que nous trouvons désagréable ces ajouts inutiles à notre nourriture, mais pour certaines personnes elles sont importantes. A part dans certains cas isolés, nous n'avons pas vu de grande différence pour les personnes autistes lorsque les aliments colorés sont retirés à moins que d'autres éléments mentionnés ci-dessus ne le soit aussi.

Certains (peut être la majorité) ne réagissent pas à ces aliments, y compris au paracétamol, mais il y a des individus qui devraient éviter ces produits. Encore une fois il faut vérifier les effets pour chaque individu.

13. Régime sans salicylés


Depuis le régime de Feingold les gens sont conscients que les aliments comportant de forts taux de salicylés peuvent poser problème aux personnes autistes. Les salicylés (comme l'aspirine) sont utilisés médicalement pour leurs propriétés anti-inflammatoires, antipyrétique (baisse de température) et anti-douleurs. Ces effets sont obtenus en bloquant l'action des enzymes COX1 et COX2. Ces enzymes causent l'inflammation mais sont aussi nécessaires pour la production de certaines prostaglandines essentielles pour le maintien de l'intégrité de l'intestin. Les drogues comme l'aspirine, qui inhibent le COX1, auront des effets secondaires sérieux sur les intestins et augmenteront la perméabilité intestinale, particulièrement chez les individus sensibles. Certains parents trouvent justifié d'éviter ces aliments, tels que les amandes et autres aliments contenant des salicylés. Pour d'autres le problème ne se pose pas.

14. Mega-doses de Vitamine B6 et de Magnésium


De très hauts taux (500-1000 mg/jour) de vitamine B6 (équilibrée par du magnésium et d'autres vitamine du groupe B) sont préconisés et beaucoup affirment le bénéfice de leur usage. Il existe des risques théoriques et certains ont essayé, aussi bien aux US qu'en GB, de limiter leur disponibilité. Cependant, je n'ai pas connaissance d'une personne ayant eu à souffrir des effets secondaires décrits dans la littérature.

15. Di-Methyl Glycine (DMG)

La Di-Méthy Glycine paraît sure, et dans certains cas, utile, mais, encore une fois, l'observation encourageante de parents et de certains professionnels n'a pas encore été confirmée par des observations cliniques.

[Voir article sur la DMG ici]

16. La sécrétine


Bien que n'étant pas strictement parlant une intervention diététique, nous devons mentionner la sécrétine, qui est une hormone. La sécrétine a récemment reçu beaucoup de publicité. La rationalité de son utilisation vient de sa capacité à stimuler le pancréas pour produire l'enzyme peptidase (Horvath 1998). Les résultats d'essais préliminaires sont équivoques et nous attendons des clarifications. Cependant, une discussion sur ce sujet va au delà du but de cette présentation.

Autres suppléments

Il existe une pléthore de substances qui sans être strictement parlant des médicaments, au sens légal du terme, ont des actions qui repoussent les barrières de ce qui doit être considéré comme un "Complément nutritionnel" et sont vendus comme tels. Par exemple, le Gingko (biloba) a été largement utilisé pour son action d'accroissement du flux sanguin, et ainsi, l'apport d'oxygène au cerveau. Le Gingembre, la réglisse et d'autres produits naturels sont également utilisés pour leur effet sur le tractus gastro-inestinal et pourront avoir une place lorsque plus d'information sera disponible. Bien que n'étant pas des compléments alimentaires, l'utilisation d'agents chélateurs devra être considéré à un moment. Depuis un temps considérable des voix se sont élevées contre les effets néfastes potentiels du mercure chez les enfants autistes. En effet, il existe des parallèles proches entre les effets connus du mercure et les symptômes autistiques. Des preuves commencent à apparaître suggérant que les personnes autistes ont plus de mercure. Ceci devient apparent uniquement lorsque des agents chélateurs sont employés pour chélater les métaux lourds du corps. Des recherches sont actuellement effectuées pour tester ces hypothèses et à ce stade nous pensons qu'une discussion concernant l'utilisation de ces agents chélateurs n'est pas appropriée. Les effets secondaires potentiels sont inacceptablement élevés pour une auto-médication et ce type de traitement ne devrait être essayés que sous le contrôle d'un médecin qualifié. Cela demande clairement une plus grande attention.

Conclusions

Des interventions comprenant un régime alimentaire évitant certains composants ou la prise de compléments alimentaires sont de plus en plus utilisées pour le traitement des troubles autistiques et de nombreuses autres conditions. Les cultures occidentales sont très orientées vers l'utilisation de médicaments, souvent synthétiques et très puissants, utilisées pour traiter des symptômes pour un problème particulier qui interfère avec la qualité de vie de l'individu affecté. Cette approche est acceptable seulement jusqu'à un certain point. Les parents et tuteurs sont de plus en plus intéressés par les processus qui sont sous jacent aux symptômes et qui, en intervenant permettent de le minimiser. Bien sur, la prédisposition, la fragilité, la source de l'autisme restera mais en minimisant les facteurs causatifs il est possible d'améliorer le problème.

De nombreuses interventions sont préconisées et, à première vue, elles peuvent apparaître, particulièrement aux professionnels non intéressés, comme un amas d'idées sans substance. La plupart de ces interventions ont été conçues et développées par persévérance et bon sens. Des mécanismes apparaissant raisonnables, logiques et justifiables, ont été établis. Ces interventions s'intègrent et peuvent être utilisées pour former des plans pour chaque individu. Ils offrent au praticien l'opportunité d'intervenir de manière prometteuse en sachant que les preuves scientifiques s'accumulent. Les professionnels qui ne considèrent pas ces interventions risquent de rater le coche et de ne pas répondre aux besoins de leurs clients. Nous avons résumé notre protocole (version 2000) dans le tableau joint.

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Copyright 2000 Paul Shattock and Paul Whiteley.
From Proceedings of Conference held at the University of Durham, April 10th 2000

Traduction : Martine F., l'original anglais se trouve à l'url :http://osiris.sunderland.ac.uk/autism/durham2.htm

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